Comment restaurer une relation patient apaisée dans un contexte hospitalier marqué par une hausse des incivilités

Depuis quelques années, les établissements de santé font face à une augmentation notable des comportements agressifs, impatients ou irrespectueux de la part des patients et de leurs proches. Les services d’admission, les accueils physiques, les centres d’appels, les urgences, les services administratifs comme les services de soins sont désormais touchés par ce phénomène.

Si l’incivilité n’est pas nouvelle, elle s’exprime aujourd’hui plus vite, plus fort et dans des contextes où la vulnérabilité du patient complique encore davantage la relation. Les conséquences sur les équipes comme sur la qualité de la prise en charge sont trop importantes pour être ignorées.

Alors, pourquoi la relation patient s’est-elle tendue et comment les établissements peuvent-ils recréer un climat plus serein et sécurisé ?

Incivilités et relation patients
Les incivilités dans la gestion de la relation patient

1. Pourquoi la relation patient se durcit dans les établissements de santé ?

• Un rapport au temps bouleversé par l’instantanéité

Dans une société habituée aux réponses immédiates, le patient tolère de moins en moins l’attente — pourtant inévitable dans un hôpital. Entre les délais, les priorisations médicales et les contraintes organisationnelles, la frustration monte vite.

• Une anxiété générale plus élevée

Beaucoup de patients arrivent fatigués, inquiets, douloureux ou stressés. Leur tolérance émotionnelle est plus basse. En situation de vulnérabilité, la moindre incompréhension peut être vécue comme une injustice ou un abandon.

• Des proches parfois en surcharge émotionnelle

Ce ne sont pas toujours les patients eux-mêmes : la famille, les accompagnants, les tuteurs peuvent exprimer colère, tension ou pression. Leur intention est souvent protectrice mais leur réaction devient difficile à gérer.

• Une désincarnation croissante des échanges

Téléservices, portails patients, messageries, centres d’appels… Le numérique facilite l’accès mais rend parfois la relation plus froide. Sans présence physique, certains s’autorisent des propos plus agressifs.

• Des équipes hospitalières sous tension

Sous-effectifs chroniques, forte charge mentale, urgence permanente : les équipes disposent de moins de “marge émotionnelle”. Leur capacité à absorber l’incivilité est fragilisée.

🧊 2. Comment recréer une relation patient apaisée ?

✔️ 2.1. Former les équipes à la gestion des émotions — celles du patient et les leurs

Un agent d’accueil, un soignant ou un gestionnaire administratif qui sait reconnaître sa propre montée de stress peut ajuster son attitude, garder un ton stable et désamorcer la situation avant qu’elle ne dégénère.

Les compétences clés :

  • reconnaître les émotions du patient sans les minimiser,
  • savoir poser sa voix, son tempo, son vocabulaire,
  • reformuler pour apaiser,
  • poser des limites tout en respectant la dignité du patient,
  • savoir stopper un échange devenu dangereux.

✔️ 2.2. Instaurer un cadre clair et commun à tout l’établissement

Les patients veulent être compris. Les équipes ont besoin d’être protégées.
Un cadre partagé permet les deux.

Exemples :

  • affichage visible contre les incivilités,
  • charte de respect mutuel patient-professionnel,
  • procédure de sortie de situation conflictuelle,
  • protocole interne d’accompagnement émotionnel des équipes.

Poser un cadre ne signifie pas durcir la relation : cela permet au contraire d’éviter qu’elle ne dérape.


✔️ 2.3. Simplifier les messages, les parcours et les informations

La complexité administrative et médicale est l’un des premiers générateurs l’agressivité.
Un message clair diminue d’emblée 30 à 40 % des tensions.

Exemples :

  • consignes d’admission réécrites en langage simple,
  • schémas de parcours affichés ou envoyés à l’avance,
  • explication du “pourquoi” d’un délai ou d’une priorité,
  • information transparente sur ce qui dépend — ou non — de l’équipe.

✔️ 2.4. Traiter les irritants organisationnels

Un patient devient agressif lorsqu’il rencontre un obstacle qu’il ne comprend pas :
un document introuvable, une démarche redondante, un numéro qui ne répond pas, une orientation floue.

Identifier et corriger rapidement ces irritants réduit la charge émotionnelle des patients… et celle des équipes.


🌱 3. Soutenir les équipes : un levier essentiel pour apaiser la relation patient

Les professionnels de santé et d’accueil sont en première ligne. Pour pouvoir apaiser, ils doivent eux-mêmes être soutenus.

Cela passe par :

  • un management bienveillant mais ferme,
  • des temps de débriefing,
  • une politique institutionnelle claire contre les violences,
  • des outils adaptés (scripts d’annonce, formations, cellules d’écoute),
  • une reconnaissance réelle du métier relationnel.

Un professionnel soutenu transmet une sérénité que le patient ressent immédiatement.

Vous souhaitez en savoir plus les gestion de votre relation patient ?


FAQ : Apaiser la relation patient

1. Pourquoi la relation patient se durcit-elle dans les hôpitaux ?

Patients et proches sont souvent stressés, impatients et sensibles aux délais. La multiplication des échanges numériques peut rendre les interactions plus froides, tandis que les équipes hospitalières sous tension ont moins de capacité à absorber les comportements difficiles.

2. Comment reconnaître et gérer les émotions des patients ?

Former les équipes à identifier leurs propres réactions et celles des patients permet de calmer les situations tendues. Une voix posée, la reformulation et le respect des limites contribuent à désamorcer les conflits sans nuire à la dignité du patient.

3. Quel cadre instaurer pour sécuriser la relation ?

Un cadre clair protège patients et équipes : affichages contre les incivilités, chartes de respect, procédures pour gérer les situations conflictuelles et protocoles internes de soutien émotionnel sont essentiels pour éviter les dérapages.

4. Comment simplifier les parcours et informations pour réduire les tensions ?

Messages clairs, parcours explicites et informations accessibles diminuent considérablement le stress. Exemples : consignes d’admission simplifiées, explications sur les délais et priorités, schémas de parcours envoyés à l’avance.

5. Comment soutenir durablement les équipes ?

Management bienveillant mais ferme, temps de débriefing, outils adaptés, formations et reconnaissance réelle du rôle relationnel : un personnel soutenu transmet sérénité et améliore immédiatement l’expérience patient.

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